Les Engineers ne sont pas opposés à la réduction des coûts cloud — ils manquent simplement de temps pour s'y consacrer. La solution passe sans doute par davantage d'automatisation.
Selon le 2021 State of FinOps Report, le principal défi des équipes FinOps consiste à amener les Engineers et les développeurs à mieux optimiser les coûts cloud. Les Engineers font face simultanément à de multiples enjeux d'optimisation – performance, fiabilité, sécurité, vitesse de développement. Devoir, en plus, jongler avec les coûts cloud est une charge dont ils se passeraient volontiers.
Dans cet article, nous abordons la difficulté d'impliquer activement les Engineers cloud dans l'optimisation des coûts, ainsi que quelques mesures pour leur en faciliter la gestion.
Les équipes FinOps peinent à embarquer les Engineers
IDC prévoit qu'en 2022, les entreprises investiront dans la gestion des coûts du cloud public avec l'objectif de diviser par deux le gaspillage cloud, qui représenterait selon elles au moins 20 % de leurs dépenses dans ce domaine. Un objectif ambitieux pour les équipes FinOps, d'autant que les Engineers responsables des activités à l'origine de ces coûts ont d'autres priorités que la dépense cloud.
Les Engineers apprécient la facilité avec laquelle ils peuvent lancer de nouvelles instances de ressources cloud, mais on comprend qu'ils oublient les ressources en cours d'exécution lorsqu'ils tirent parti de la rapidité de développement qu'offre le cloud. Une simple erreur — laisser tourner par inadvertance un grand nombre d'instances inutiles — peut coûter à une entreprise des dizaines de milliers de dollars. Et même sans tels incidents, les factures cloud grimpent vite sans une vigilance adéquate. Or, quand les Engineers se concentrent sur les backlogs et les fonctionnalités, les considérations de coût passent au second plan.
La clé pour maîtriser les coûts cloud, c'est de permettre à toutes les personnes concernées de vérifier facilement que la dépense est justifiée. Il ne s'agit pas simplement de tailler dans les coûts : se focaliser exclusivement sur la réduction des dépenses pourrait priver l'organisation des bénéfices business — agilité et rapidité — que le cloud apporte. Ce qu'il faut, c'est s'engager à réduire et, à terme, éliminer les dépenses superflues.
Quelques méthodes pour encourager l'optimisation des coûts
Quand le coût mensuel de votre usage du cloud commence à éclipser la croissance des revenus qu'il est censé alimenter, votre organisation a un problème. Avant d'espérer maîtriser vos dépenses cloud, il faut comprendre en profondeur la manière dont votre équipe utilise les ressources cloud et l'impact des évolutions prévues d'architecture et d'infrastructure sur les dépenses futures. Fort de ces connaissances, vous serez mieux armé pour ancrer un sentiment de responsabilité au sein de votre équipe.
Donner de la visibilité sur les facteurs de coût
Les services hébergés et basés sur le cloud devraient représenter 26 % du budget IT total en 2022, mais les responsables informatiques manquent de la transparence nécessaire pour planifier précisément les coûts d'infrastructure cloud. On ne peut pas maîtriser ce que l'on ne voit pas, et à mesure que votre infrastructure cloud se complexifie, il devient plus difficile d'avoir une vision juste des coûts. La première étape pour mobiliser les Engineers dans l'élimination du gaspillage cloud consiste à analyser les données et à attribuer les coûts aux équipes concernées.
C'est l'approche retenue par Airbnb, qui a bâti un modèle d'attribution de la consommation pour montrer aux développeurs l'ampleur du problème de surconsommation cloud — et leur fournir les éléments nécessaires pour arbitrer entre coûts et autres enjeux business afin de tenir leurs dépenses dans des limites précises.
La visibilité sur les moteurs de la dépense a incité les Engineers à faire évoluer la conception architecturale pour réduire les coûts et mettre en lumière les facteurs de surcoût. Une équipe centralisée dédiée à l'efficacité économique a pu s'appuyer sur ce mécanisme d'attribution pour disposer d'une vision complète de l'écosystème Airbnb et identifier de réelles opportunités d'économies.
Éviter d'imposer des règles par le haut
Imposer un contrôle descendant sur les dépenses cloud sape la promesse même du cloud : la capacité à concevoir et lancer des produits rapidement et efficacement. Dicter une politique de provisionnement des ressources via plusieurs strates de management ralentit la mise sur le marché et conduit à un sur-provisionnement. Mieux vaut collaborer sur les budgets cloud, en s'appuyant sur des informations partagées et les retours de toutes les parties prenantes.
Lorsque les Engineers peuvent demander les ressources dont ils ont besoin sans barrières excessives, l'organisation crée les conditions de meilleurs résultats business, plus rapides, et d'une culture d'ingénierie plus engagée. Les recommandations d'économies sont examinées par d'autres Engineers, les mieux placés pour les approuver ou les rejeter, car ils peuvent juger si les workloads concernés peuvent raisonnablement être couverts. L'organisation se dote ainsi d'un modèle pour s'accorder sur les meilleures politiques d'optimisation des coûts, tout en gardant le cap sur des initiatives clés comme la stabilité, la fiabilité et la génération de revenus.
Cultiver une culture de la responsabilité
Le FinOps doit confier la responsabilité des dépenses cloud aux équipes qui les engagent. Ces équipes ont besoin des bons outils et des bonnes ressources pour produire des prévisions, suivre leurs coûts et identifier les opportunités d'optimisation.
Elles doivent être formées à un modèle opérationnel qui transfère la responsabilité du cycle de vie complet d'un produit ou service aux équipes d'ingénierie. Ce type de responsabilisation implique de poser des attentes claires pour les équipes de delivery et d'expliciter les conséquences des dépassements de coûts.
L'IT chargeback et l'IT showback sont deux politiques permettant de rattacher les coûts du matériel, des logiciels, des services cloud ou des services partagés à l'unité business qui les consomme. Avec le chargeback, les départements sont facturés selon les ressources technologiques utilisées ; avec le showback, ils sont simplement informés de leur consommation, sans facturation.
Cette nouvelle responsabilisation ne fera pas l'unanimité, mais elle peut amener les Engineers à appréhender leur usage du cloud de manière plus globale et à générer des économies significatives sur le long terme.
Envisager la gamification
Certaines entreprises s'appuient sur des pratiques comptables dépassées qui réduisent les budgets si les centres de coûts ne consomment pas l'intégralité de leur enveloppe sur l'année. Cela n'incite guère à la prudence et débouche plus souvent sur une vague de dépenses en fin d'exercice.
Une autre approche consiste à identifier ce qui motive vos Engineers et à les récompenser par des incitations adaptées. Certaines entreprises recourent à la gamification : classements affichant la dépense cloud de chaque équipe d'ingénierie, mise en avant des résultats lors des réunions de revue, communication large des performances de chaque équipe pour entretenir une saine émulation. Les équipes qui progressent le plus sur la durée reçoivent des récompenses, de la pizza aux vacances.
Le risque, toutefois, c'est que les Engineers se focalisent à tel point sur la réduction des coûts cloud qu'ils finissent par ne plus rien dépenser — et ce n'est pas une stratégie d'optimisation efficace. Les entreprises qui envisagent la gamification comme levier d'optimisation des coûts cloud devraient gamifier d'autres indicateurs que la seule baisse des dépenses, par exemple la hausse des marges attribuable à l'usage du cloud.
Automatiser le processus
Les Engineers ne sont pas naturellement dispendieux. Mais ils ne sont pas non plus enclins à gérer leurs dépenses avec minutie, car leur priorité est de livrer des solutions business qui exploitent la rapidité et la flexibilité du cloud.
En revanche, si on leur facilite la gestion du gaspillage, ils saisiront l'occasion. L'automatisation peut jouer un rôle clé pour les aider à repérer les problèmes à l'origine de dépenses inutiles et à les résoudre dès leur apparition. Un produit comme Flexsave de DoiT peut constituer une brique utile de la solution, en automatisant l'optimisation des coûts cloud de manière à permettre aux organisations de maximiser leurs économies.
Obtenir des résultats
Les équipes FinOps qui se donnent pour mission de rallier les Engineers à leurs campagnes d'optimisation ne doivent pas se décourager trop tôt : il n'existe pas de voie infaillible vers une meilleure gestion des coûts cloud. Pour décrocher ces gains marginaux décisifs, il faut adopter une approche collaborative, miser sur l'automatisation et itérer au fil de l'eau. Un soutien fort de la direction est tout aussi indispensable.
À mesure que la part du cloud dans les dépenses technologiques continue de croître, ces pratiques FinOps et d'autres deviendront la norme. À terme, chaque Engineer saura piloter une facture cloud.